Dimanche 15 novembre 2009



Ma grosse moitié de patate est en Espagne depuis samedi.

Il est parti retrouver l’une de ses rares amies qu’il n’a plus vue depuis au moins sept ans. J’imagine qu’il avait aussi besoin d’effectuer un break, en dehors de la maison. Je sais que le fait de prendre la route l’apaise déjà beaucoup, et que ce périple un peu plus long que d’habitude lui a permis de se recentrer sur les objectifs de cette journée particulièrement salvatrice : Vais-je opter pour un menu maxi Best of avec Potatoes ce midi en sachant que je risque probablement d’apercevoir un Mc drive espagnole en fin de journée et d’infecter plus encore ma culpabilité ? Est-ce qu’il y a des lardons dans leurs salades ?

Certains week-ends, il nous est arrivé (encore récemment dois-je avouer), de trouver rapidement un prétexte de sortie, afin d’effectuer un trajet sur lequel nous allions « accidentellement » rencontrer un Mc Do aux alentours de midi, sans avoir trouvé (cherché) aucune autre alternative de restauration providentielle.

Un coït digestif qui ne pouvait réellement commencer qu’après avoir trouvé une place sur un parking de centre commercial, depuis laquelle nous pouvions ingérer notre honteuse pitance tout en admirant un flot discontinu de voitures, notre deuxième et dernière passion en commun. Je crois que ces instants partagés sont encore aujourd’hui les plus intenses émotionnellement.

Oui … il est certain que je pourrais profiter de cette absence prolongée (4 jrs) et unique en dix ans de vie commune à scruter le paysage priapismique automobile, pour me précipiter sur les petites annonces matrimoniales proposant des spécimens plus propices à l’éclosion d’une sensualité un petit peu plus dépravée; remplir un vanity, atteler mes deux chiens et partir à la conquête d’un équilibre auquel il me semble encore avoir le droit de prétendre avant que mon âge ne soit trop périmé pour finalement trouver tout cela grotesque. J’y ai pensé. Mais après avoir réalisé quelques clichés publicitaires de mon anatomie, la tentation de kidnapper un désir aux conséquences inconnues, apparaît déjà et péniblement grotesque : Des cuisses étiques, un cintre en guise d’épaules, un pénis générique, jusqu’aux orteils inachevés. Une flaque de rien du tout, un bouillon de poulet, si tant est qu’il s’agisse de chair véritable.

Il est évident que seule la patate téléphage du Poitou peut s’accommoder d’un jus d’organes ; et je bénis ce jour où le miroir m’offre enfin la plus incroyable reconnaissance, preuve d’amour …  celle qui le pousse toujours à déguster son précieux royal Deluxe, sans me vomir dessus.

Photo : Timothée Mahusier 

 


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Mercredi 11 novembre 2009


Après un long silence sur la blogosphère, je m’apprête à reprendre l’écriture de mes petits billets à caractère intimiste. J’évoquerai non seulement mes pérégrinations picturales en tous genres, mais aussi quelques extraits autrement existentiels, tels que mes tentatives végétariennes, mes rares sorties à la ville, mes stupeurs et tremblements (à propos, je profite de cet habile passage pour exhiber fièrement une critique d’A.Nothomb : Je cite « Votre peinture me plaît, qui a quelque chose d’Hugolien » dans une missive fort agréable, reçue intentionnellement à la saint Gérard.

Un terme extraordinairement approprié, qui rend soudainement inutiles mes fastidieuses justifications. J’avais déjà pour projet d’introduire l’écrivain dans l’un de mes nombreux récits qui tardent toujours à être bouclés, quand ils ne sont pas foudroyés par une panne irréversible de l’ordinateur comme cela a pu être le cas cet été avec un roman culminant déjà à 120 pages (sans sauvegarde, évidemment); et en découvrant son écriture manuscrite, sa simplicité, disponibilité, sa gentillesse, et bien désormais, je pense que tout cela en ferait un personnage un peu moins abscons, ostensiblement érudit, livresque, donc doublement intéressant à « travailler ».

C’est mon ambition du moment : Simplifier et rendre accessible tout ce qui n’est pas supposé l’être. A commencer par mes choix picturaux, que je souhaite d'avantage assumer.

Il y a quelques temps, je pensais devoir emprunter un deuxième nom, afin de séparer le figuratif du "contemporain". Seule la signature devait rester identique pour chaque direction.

Et puis ce que je prenais pour un handicap, s’avère être en réalité, perçu plus favorablement par certains professionnels dont je découvre seulement l’existence.

Serait-ce l’auteur lui-même qui s’interroge autant sur les concepts de cohérence, de ligne artistique ?

 


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